Viaggio in Italia

Je suis rentrée avec les artichauts.

Chaque fois c’est la même histoire: j’ai beau me dire que le local est mieux, que les légumes qui poussent là où j’habite sont ceux dont j’ai besoin, car mes exigences alimentaires sont naturellement ancrées au terroir où je vis…

Après des mois de courges, légumes racines et choux, je me rend dans mon pays, et je rentre toujours avec un ou plusieurs légumes différents. Et il y en a tellement! Et la saison est toujours en avance, car l’Italie (même le nord) est normalement épargnée du vent, des pluies interminables et du froid printanier qui embêtent souvent mon jardin en France.

Nous sommes arrivés tout juste à l’heure pour un déjeuner chez ma belle-mère: au menu, « panzerotti » (imaginez un mini-calzone) tomates-mozzarella, lasagne aux artichauts, torta di zucchine (courgettes), radicchio tardivo di Treviso (une salade rouge et blanche allongée et au même temps enroulée sur soi-même) marinato au vinaigre, poivre et huile d’olive… A la première bouchée, la mozzarella fondue du panzerotto c’est posée, brulante, sur le nez de mon fils: tout le monde rigolait, on était en famille, et dans notre deuxième (ou premier?) chez nous, liés et réunis encore une fois autour de la bonne cuisine.

wp-1519501972639..jpgwp-1519501950784..jpg20180223_172946.jpg20180213_113331.jpgJe manquait de Milano depuis plus d’un an. Je l’ai trouvée changée. Plus propre et moins bruyante, enrichie par des jolis commerces et des transports publics soignés (ou ce n’était que les yeux de la nostalgie?). En tout cas, Expo 2015 a dynamisé la ville, a attiré plus de touristes, et a contribué à l’ouverture d’encore plus de lieux où se nourrir.

Surtout végétariens.

Milano 2.0 s’est inspirée à la tradition regionale italienne, a accueilli les tendances « green » des villes plus modernes et, surtout, a bien appliqué  les indications de la communauté scientifique qui préconise, pour une question de santé, le passage à une alimentation de plus en plus végétale. Pour une fois, la volonté politique suit: les repas des enfants milanais à l’école sont de plus en plus bio, la charcuterie est bannie et depuis un bon moment il y a au moins une journée totalement végétarienne à la cantine (en plus des menus végétariens et vegan que les parents peuvent demander à partir de la crèche!).

20180223_173220.jpg20180213_124746.jpgPendant mes vagabondages dans la ville, avec ma fille et ma soeur, nous sommes  tombées par hasard sur un mini-resto qui vendait des « tramezzini veneziani » (sandwich de Venise): il y en avait pour tous les goûts, mais, sans rechercher forcement du « veg », nous nous sommes regalées avec « cima di rapa, burrata et paté d’olives », « crème de pois-chiches et légumes grillés » ou « roquette, tomates séchées et mozzarella ». Et nous avons improvisé un pique-nique au soleil sur les marches de l’église paléochrétienne de San Simpliciano, dans l’ancien quartier de Brera. L’Italie n’est pas que ça, bien sur. Mais ça aussi, c’est sur!

 

Et, comme je suis une fille, et les toilettes sont toujours une priorité, je suis rentrée dans un bar dans la zone des « Navigli »et je me suis retrouvée dans un coin de Naples. Ils préparaient  le vrai « caffè napoletano » au prix démocratique des autres (1 euro): très serré, sans sucre, mais avec une crème de café sucré posée dessus. Le Paradis!

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Voici la traduction du tableau affiché au bar: « Quand un Napolitain est heureux, pour des tas des raisons, à la place de payer un seul café, celui qu’il boirait, il en paie deux, un pour lui et l’autre pour le client d’après: c’est comme offrir un café au reste du monde. » (L. De Crescenzo)

 

Avant de repartir, ma mère m’a donné des artichauts cuisinés, pour nous permettre de manger encore de l’Italie le soir de notre retour dans nos contrées éloignées du nord (!). Et m’avait acheté aussi des artichauts à préparer, des beaux épineux de Sardaigne, comme d’habitude…

Je ne gâte pas mes légumes au potager avec beaucoup d’eau ou de fumier, car ils disent que si une plante développe bien ses racines, elle se tient mieux, elle est plus forte, et ses qualités gustatives sont meilleures.

Nos racines sont longues presque 600 km. De quoi en faire quelque chose, j’espère.

Carciofi alla Romana

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Pour 4 personnes

  • 4 artichauts (de Sardaigne, de Toscane, de Rome ou d’où vous voulez, mais PAS les gros de Bretagne, désolée!)
  • 1 bouquet de persil
  • 1 bouquet de menthe
  • 1 citron
  • 3 gousses d’ail
  • huile d’olive extra vierge
  • sel & poivre

Preparer les artichauts (le travail plus dur): ôter les feuilles extérieures, couper les pointes et enlever la barbe à l’intérieur. Couper le pied à 2-3 cm et nettoyer-le en enlevant la partie extérieure plus corsée.

Plonger-les dans de l’eau acidulé avec du jus de citron, pour éviter qu’ils noircissent.

Hacher les feuilles de persil, de menthe et les gousses d’ail. Poivrer.

Remplir les artichauts avec la persillade, en écartant bien les feuilles.

Poser les la tête en bas dans une casserole avec de l’huile d’olive et, si òa vous plait, 2 ou 3 tranches de citron.

Chauffer l’huile et faire dorer.

Saler, ajouter 2 doigts d’eau et continuer la cuisson avec le couvercle pendant 30 mn.

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Maintenant, asseyez-vous à table, dégustez bien, et imaginez un voyage en Italie (y compris le kitch): pasta, pomodoro, pizza, sole, azzurro, Colosseo, vespa, cipressi, mare, amore… Écoutez ça avec https://www.youtube.com/watch?v=HFyCfFJC0no. Voilà. Vous êtes heureux.

 

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